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mardi 26 mars 2013

Mon après-midi Livresque



                                        Mon  après midi Livresque


 Imaginez une trentaine de jeunes de moins de trente ans qui se retrouve un dimanche après-midi pendant environ trois heures pour parler de leurs passions : la littérature, les livres. J’avoue que dans le contexte africain qui est le nôtre où prédomine l’idée selon laquelle les africains n’aiment pas lire, je n’avais jamais pensé assister à un tel évènement. Et pourtant, je crois que mon âme en avait besoin tant la satisfaction que j’ai ressentie en sortant du musée de Cocody ce dimanche à 17h50 était à son comble. Et dire que j’ai failli ne pas y être…
Mon invitation

Il y’a pratiquement trois semaines, je découvrais le compte twitter @225nouvelles à travers les retweets de Yehni Djidi, jeune bloggeuse ivoirienne que je suis depuis peu. M’abonnant ainsi @225nouvelles, c’est tout naturellement que dans la foulée, j’apprenais que se prépare un évènement nommé #Livresque. J’avoue que je n’ai jamais osé poser de questions à propos parce que le concept de prime abord, me semblait élitiste et je ne voulais pas agacer le Community Manager de l’évènement avec des questions, qui avaient sans doute déjà été posées préalablement. C’est donc en silence que je nourrissais mon envie d’en savoir un peu plus. Comme par providence, en discutant via twitter de la « Journée du livre-voyageur », YEHNI propose de m’inviter à la deuxième Edition de Livresque qui aura lieu en Mai 2013 étant donné que nous sommes à la veille de la Première et la trentaine de places réservées sont toutes prises. Que pouvais-je répondre si ce n’est « Sans soucis, ce sera avec plaisir que j’y assisterai » ? Quelle ne fut pas ma surprise lorsque samedi après-midi en consultant mes inbox sur twitter, je tombe sur un message de YEHNI m’annonçant qu’une place venait de se libérer et que je pouvais faire partie des heureux élus de cette Première Edition. Je me sens honoré et c’est sans autres formes de procès que j’annule un rendez-vous retrouvailles que j’avais pris avec un vieil ami à l’heure de l’évènement.

Le concept

Livresque est un concept simple, innovant et audacieux promu par YEHNI Djidji et le site www.225nouvelles.com (@225nouvelles sur twitter). L’idée est de rassembler près d’une trentaine de personnes autour de l’art littéraire. Chaque participant y vient avec au moins un livre qu’il laissera pour repartir avec un livre différent apporté par un autre participant. Tout cela, non sans avoir échangé sur un thème lié à la littérature tout en dégustant des intermèdes musicaux littéraires.

Une première

En franchissant la barrière de la Mairie de Cocody où se trouve le musée de la même commune, rien ne laissait présager qu’à cet instant se déroulait un évènement littéraire aussi important. Aucune affiche, aucune indication, je dus donc me renseigner auprès des gardiens pour qu’on m’indiqua où se trouve la salle principale du musée. Mes appréhensions de participer à une cérémonie hautement protocolaire s’estompèrent une fois dans la salle.

Décor sobre, chaises en forme de cercle comme pour rappeler que nous sommes avant tout à un échange, un rendez-vous du donner et du recevoir. Derrière la porte, se dresse une table, passage obligé pour déposer le livre que vous avez apporté et vous faire enregistrer. Je suis le 28eme nom sur la liste, je comprends dès lors que je fais partie des derniers arrivants. Nous ne sommes qu'à deux minutes de seize heures, les africains que nous sommes sont-ils devenus assez ponctuels ?

 En prenant place sur une des dernières places libres, je reçois le programme de l’évènement. Je compris dès lors que j’étais dans l’erreur, Livresque a débuté depuis 15h. J’ai honte d’être arrivé en retard mais personne ne me regarde. Les yeux et les oreilles sont tournés vers le participant numéro 18 qui explique les raisons du choix du livre qu’il a apporté sans toutefois donner le nom de l’auteur et de l’ouvrage. C’est le principe du Book Blind date. Le participant emballé par la présentation du livre doit cocher le numéro correspondant au livre dans le tableau Les livres de mon choix sur le feuillet remis à l’entrée. De ces présentations de livres, deux m’ont particulièrement marquées. Il y’a d’abord celui qui a amené un livre qui lui avait été offert il y’a quelques années en guise de punition. Ensuite il y’a un roman en anglais dans le panier, le participant qui l’a apporté explique qu’après avoir lu la version française, la version originale en anglais est plus profonde et différente de ce qu’on peut lire en français. Il a tout à fait raison, la traduction édulcore souvent le message. C’est mon coup de cœur, celui-là, j’aime bien la langue de Shakespeare et les murmures dans la salle me laissent croire que je pourrais l’avoir.
YEHNI DIDJI, la promotrice
L’ambiance est bonne enfant, j’aperçois YEHNI Didji au four et au moulin, c’est elle qui est speakerine. Toute jolie et trônant dans sa belle robe offerte par la styliste Nubian, elle fait des allers-retours entre sa place parmi les participants et la table de réception.  Vient mon tour de prendre la parole pour expliquer le choix de mon livre. Stressé, j’assassine  le premier noir lauréat du Prix Nobel de littérature, Wolé SOYINKA en voulant parler de son compatriote Chinua ACHEBE décédé quelques jours plus tôt. Je suis poliment repris par deux participants et j’achève mon speech en oubliant de recommander le livre  Le chemin parcouru, Mémoires d'un enfant soldat  du Sierra Léonais Ismael Beah. D’ailleurs, je pense que je l’offrirais à 225nouvelles.
Comme avait averti 225nouvelles, tout le monde devait parler et  a présenté son livre. La présentatrice annonce l’intermède musical. Un jeun homme s’installe, guitare en mains. Tel un vieux chansonnier, il nous gratifie de deux belles chansons aux paroles poétiques sous un air de guitare me rappelant Henri DIKONGUE. Une fois achevée, il se présente. Il est passionné de littérature qui a de l’influence sur sa musique, il se nomme Sédrik .D’ailleurs je vous invite à aimer sa page facebook et le découvrir sur Youtube. Vous ne serez pas déçus.  


Sédrik
Vient alors le deuxième arrêt musical. C’est une déclamation de poèmes sous fond musical. Le slam.  La tâche revient au groupe @desmotsdesimage . La présentation du groupe de quatre assurée, on peut décoller après quelques réglages techniques. La première déclamation est quelque peu gâchée par la sonorisation qui vient d’un téléphone portable. Le public invite les deux slameurs à re-déclamer cette fois sans musique. C’est parfait ! A la fin de leur prestation avec Ipad à l’appui (Ces slameurs modernes…Même Grand Corps Malade n’utilise pas de I.Pad), je me surprends en train de fermer ma bouche qui était restée béante tout le slam durant. Je m'étais laissé transporter par le poème. Ça parlait d’amour, un air d’eau de rose ! « Bonjour mon amour, tu es celle que j'ai choisie, par amour, malgré toute tempête et discrédit… » De quoi rêver quand même !!!!

D’eau de rose justement, il en a été  question mais dans le domaine littéraire, durant la causerie-débat qui a suivi cette pause musicale. En effet, aux environs de 17h, la maitresse de cérémonie annonce que la causerie-débat sera articulée autour des œuvres ou productions littéraires à l’eau de rose. C’est le Président de l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire, Josué GUEBO qui endosse le costume de modérateur. Sa position semble tranchée, il ne considère pas les romans à l’eau de rose (Collections Adoras et Arlequin) comme des œuvres littéraires mais les compare à des arts artisanaux… C’est assez fort à mon goût mais ça a le mérite de susciter le débat. Une dizaine de participants interviennent et les quinze minutes qui étaient consacrées au débat sont déjà achevées. C’était passionnant, intéressant mais très court !

Le temps presse, il est presque 17h20mins, on doit passer au cocktail et à l'échange des livres. Le buffet est ouvert, chaque participant est invité, par ordre d’arrivée, à se rendre sur la table d’entrée pour prendre le livre de son choix. Pendant ce temps, autour du cocktail, on discute, on fait connaissance entre deux bouchées et deux verres. Je découvre bien de personnes que je ne connaissais que de pseudos sur les réseaux sociaux. L’ambiance est toujours bonne, on dirait une famille.

Je suis appelé à la table, il ne reste plus beaucoup de livres ! Normal j’étais parmi les tous derniers arrivants. Le bouquin en anglais n'est plus là, je dois revoir mes choix. Le roman de Marcel PAGNOL, Le temps des secrets me fait un appel des yeux, je n’y résiste pas. YEHNI m’offre un le roman Instants de Vie d’ALAFE WAKILI. Je regarde les romans pour enfants qui sont en exposition-vente et je me rends compte combien il est dommage que je ne connaisse pas d’enfants à qui je peux en offrir.

Je suis venu avec un roman, j’en repars avec deux, je me suis fait de nouveaux contacts et j’ai passé un très bon moment ! Comparé à un après-midi en train de boire une bière, ou discuter football ou politique, ça change et c’est nettement meilleur. J’ai l’impression d’avoir commencé à lire un roman dont je veux en être le lecteur et l’auteur. Nous aimons la littérature, nous devons la faire découvrir aux autres qui l’aimeront certainement ! En tout cas quelque chose est née tout comme mon envie d’apporter mon soutien à 225nouvelles et à Livresque.

C’était magique au-delà de mes espérances. Je pouvais repartir étant satisfait tout comme le reste des participants à en croire les tweets sur le hashtag (Dièse pour les francophiles) #Livresque . Et dire que l’aventure livresque ne fait que commencer… Mai semble si lointain mais pour qui veut aller loin il faut se préparer!
Une vue de quelques participants


Mes plus


  1.           La découverte du musée de Cocody, c’était une première pour moi !
  2.           La qualité et la diversité des livres qui ont été apportés
  3.           Le débat
  4.           Un programme alléchant, pas le temps de s’ennuyer.
  5.           Les rencontres

Des propositions

  •          Le temps semblait si court, 2h 30 me semble court.
  •           Le temps du débat aussi, 30 à 45mins pour la prochaine fois.
  •       Faire une meilleure promo ou communication autour de l’évènement, beaucoup d’amoureux de littérature ne sont pas forcément sur les réseaux sociaux ;   
  •  
En guise de conclusion:
Au delà d'être persuadé que la prochaine Edition sera meilleure, je reste plus que jamais optimiste pour le continent quand je vois cette détermination de certains jeunes de vouloir faire avancer les choses...Vivement qu'elle nous contamine comme cette passion du livre afin que nous en soyons même ivre!
Vive l'Ivresse du Livre pour que dure l'aventure Livresque.

4 commentaires:

  1. Vive l'Ivresse du Livre pour que dure l'aventure Livresque......Waouuuu j'aurai tellement aimé etre présent, faudrait récidiver constamment des aventures pareilles.

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  2. Dommage que tu sois dans ce froid lointain. Sinon c'est une fois tous les deux mois à Abidjan!
    Merci Big Bro.

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  3. L'article donne vraiment envie d'assister au prochain Livresque. Merci.

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