Mon après midi Livresque
Imaginez
une trentaine de jeunes de moins de trente ans qui se retrouve un dimanche
après-midi pendant environ trois heures pour parler de leurs passions : la
littérature, les livres. J’avoue que dans le contexte africain qui est le nôtre
où prédomine l’idée selon laquelle les africains n’aiment pas lire, je n’avais
jamais pensé assister à un tel évènement. Et pourtant, je crois que mon âme en
avait besoin tant la satisfaction que j’ai ressentie en sortant du musée de
Cocody ce dimanche à 17h50 était à son comble. Et dire que j’ai failli ne pas y
être…
Mon invitation
Il y’a pratiquement
trois semaines, je découvrais le compte twitter @225nouvelles à travers
les retweets de Yehni
Djidi, jeune bloggeuse ivoirienne que je suis depuis peu. M’abonnant ainsi
@225nouvelles, c’est tout naturellement que dans la foulée, j’apprenais que se
prépare un évènement nommé #Livresque.
J’avoue que je n’ai jamais osé poser de questions à propos parce que le concept
de prime abord, me semblait élitiste et je ne voulais pas agacer le Community
Manager de l’évènement avec des questions, qui avaient sans doute déjà été posées
préalablement. C’est donc en silence que je nourrissais mon envie d’en savoir
un peu plus. Comme par providence, en discutant via twitter de la « Journée
du livre-voyageur », YEHNI propose de m’inviter à la deuxième
Edition de Livresque qui aura lieu en Mai 2013 étant donné que nous sommes à la
veille de la Première et la trentaine de places réservées sont toutes prises.
Que pouvais-je répondre si ce n’est « Sans soucis, ce sera avec
plaisir que j’y assisterai » ? Quelle ne fut pas ma
surprise lorsque samedi après-midi en consultant mes inbox sur twitter, je
tombe sur un message de YEHNI m’annonçant qu’une place venait de se libérer et
que je pouvais faire partie des heureux élus de cette Première Edition. Je me
sens honoré et c’est sans autres formes de procès que j’annule un rendez-vous
retrouvailles que j’avais pris avec un vieil ami à l’heure de l’évènement.
Le concept
Livresque est un concept
simple, innovant et audacieux promu par YEHNI Djidji et le site www.225nouvelles.com (@225nouvelles sur twitter).
L’idée est de rassembler près d’une trentaine de personnes autour de l’art
littéraire. Chaque participant y vient avec au moins un livre qu’il laissera
pour repartir avec un livre différent apporté par un autre participant. Tout
cela, non sans avoir échangé sur un thème lié à la littérature tout en
dégustant des intermèdes musicaux littéraires.
Une première
En franchissant la
barrière de la Mairie de Cocody où se trouve le musée de la même commune, rien ne
laissait présager qu’à cet instant se déroulait un évènement littéraire aussi
important. Aucune affiche, aucune indication, je dus donc me renseigner auprès
des gardiens pour qu’on m’indiqua où se trouve la salle principale du musée.
Mes appréhensions de participer à une cérémonie hautement protocolaire s’estompèrent
une fois dans la salle.
Décor sobre, chaises en
forme de cercle comme pour rappeler que nous sommes avant tout à un échange, un
rendez-vous du donner et du recevoir. Derrière la porte, se dresse une table,
passage obligé pour déposer le livre que vous avez apporté et vous faire
enregistrer. Je suis le 28eme nom sur la liste, je comprends
dès lors que je fais partie des derniers arrivants. Nous ne sommes qu'à deux minutes
de seize heures, les africains que nous sommes sont-ils devenus assez
ponctuels ?
En prenant place
sur une des dernières places libres, je reçois le programme de l’évènement. Je
compris dès lors que j’étais dans l’erreur, Livresque a débuté depuis 15h. J’ai
honte d’être arrivé en retard mais personne ne me regarde. Les yeux et les oreilles
sont tournés vers le participant numéro 18 qui explique les raisons du choix du
livre qu’il a apporté sans toutefois donner le nom de l’auteur et de l’ouvrage.
C’est le principe du Book Blind date. Le participant
emballé par la présentation du livre doit cocher le numéro correspondant au
livre dans le tableau Les livres de mon choix sur le
feuillet remis à l’entrée. De ces présentations de livres, deux m’ont
particulièrement marquées. Il y’a d’abord celui qui a amené un livre qui lui
avait été offert il y’a quelques années en guise de punition. Ensuite il y’a un
roman en anglais dans le panier, le participant qui l’a apporté explique
qu’après avoir lu la version française, la version originale en anglais est
plus profonde et différente de ce qu’on peut lire en français. Il a tout à fait
raison, la traduction édulcore souvent le message. C’est mon coup de cœur,
celui-là, j’aime bien la langue de Shakespeare et les murmures dans la salle me
laissent croire que je pourrais l’avoir.
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| YEHNI DIDJI, la promotrice |
L’ambiance est bonne
enfant, j’aperçois YEHNI Didji au four et au moulin, c’est elle qui est speakerine. Toute jolie et trônant dans sa belle robe offerte par la styliste
Nubian, elle fait des allers-retours entre sa place parmi les participants et
la table de réception. Vient mon tour de prendre la parole pour
expliquer le choix de mon livre. Stressé, j’assassine le premier noir
lauréat du Prix Nobel de littérature, Wolé SOYINKA en voulant parler de son
compatriote Chinua ACHEBE décédé quelques jours plus tôt. Je suis poliment repris
par deux participants et j’achève mon speech en oubliant de recommander le
livre Le chemin parcouru, Mémoires d'un enfant soldat du Sierra Léonais Ismael
Beah. D’ailleurs, je pense que je l’offrirais à 225nouvelles.
Comme avait averti
225nouvelles, tout le monde devait parler et a présenté son livre. La
présentatrice annonce l’intermède musical. Un jeun homme s’installe, guitare en
mains. Tel un vieux chansonnier, il nous gratifie de deux belles chansons aux
paroles poétiques sous un air de guitare me rappelant Henri DIKONGUE. Une fois
achevée, il se présente. Il est passionné de littérature qui a de l’influence
sur sa musique, il se nomme Sédrik .D’ailleurs
je vous invite à aimer sa page facebook et
le découvrir sur Youtube. Vous ne serez pas déçus.
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| Sédrik |
Vient alors le deuxième
arrêt musical. C’est une déclamation de poèmes sous fond musical. Le slam.
La tâche revient au groupe @desmotsdesimage .
La présentation du groupe de quatre assurée, on peut décoller après quelques
réglages techniques. La première déclamation est quelque peu gâchée par la
sonorisation qui vient d’un téléphone portable. Le public invite les deux
slameurs à re-déclamer cette fois sans musique. C’est parfait ! A la fin
de leur prestation avec Ipad à l’appui (Ces slameurs modernes…Même Grand Corps
Malade n’utilise pas de I.Pad), je me surprends en train de fermer ma bouche
qui était restée béante tout le slam durant. Je m'étais laissé transporter par le poème. Ça parlait d’amour, un air d’eau de
rose ! « Bonjour mon amour, tu es celle que j'ai choisie,
par amour, malgré toute tempête et discrédit… » De quoi rêver
quand même !!!!
D’eau de rose justement,
il en a été question mais dans le domaine littéraire, durant la
causerie-débat qui a suivi cette pause musicale. En effet, aux environs de 17h,
la maitresse de cérémonie annonce que la causerie-débat sera articulée autour
des œuvres ou productions littéraires à l’eau de rose. C’est le Président de
l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire, Josué GUEBO qui endosse le
costume de modérateur. Sa position semble tranchée, il ne considère pas les
romans à l’eau de rose (Collections Adoras et Arlequin) comme des œuvres
littéraires mais les compare à des arts artisanaux… C’est assez fort à mon goût
mais ça a le mérite de susciter le débat. Une dizaine de participants
interviennent et les quinze minutes qui étaient consacrées au débat sont déjà
achevées. C’était passionnant, intéressant mais très court !
Le temps presse, il est
presque 17h20mins, on doit passer au cocktail et à l'échange des livres. Le
buffet est ouvert, chaque participant est invité, par ordre d’arrivée, à se
rendre sur la table d’entrée pour prendre le livre de son choix. Pendant ce
temps, autour du cocktail, on discute, on fait connaissance entre deux bouchées
et deux verres. Je découvre bien de personnes que je ne connaissais que de
pseudos sur les réseaux sociaux. L’ambiance est toujours bonne, on dirait une
famille.
Je suis appelé à la
table, il ne reste plus beaucoup de livres ! Normal j’étais parmi les tous
derniers arrivants. Le bouquin en anglais n'est plus là, je dois revoir mes
choix. Le roman de Marcel PAGNOL, Le temps des secrets me
fait un appel des yeux, je n’y résiste pas. YEHNI m’offre un le roman Instants
de Vie d’ALAFE WAKILI. Je regarde les romans
pour enfants qui sont en exposition-vente et je me rends compte combien il est
dommage que je ne connaisse pas d’enfants à qui je peux en offrir.
Je suis venu avec un
roman, j’en repars avec deux, je me suis fait de nouveaux contacts et j’ai
passé un très bon moment ! Comparé à un après-midi en train de boire une
bière, ou discuter football ou politique, ça change et c’est nettement
meilleur. J’ai l’impression d’avoir commencé à lire un roman dont je veux en
être le lecteur et l’auteur. Nous aimons la littérature, nous devons la faire
découvrir aux autres qui l’aimeront certainement ! En tout cas quelque
chose est née tout comme mon envie d’apporter mon soutien à 225nouvelles et à
Livresque.
C’était magique au-delà
de mes espérances. Je pouvais repartir étant satisfait tout comme le reste des
participants à en croire les tweets sur le hashtag (Dièse pour les
francophiles) #Livresque .
Et dire que l’aventure livresque ne fait que commencer… Mai semble si lointain
mais pour qui veut aller loin il faut se préparer!
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| Une vue de quelques participants |
Mes plus
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-
La découverte du musée de Cocody, c’était
une première pour moi !
-
La qualité et la diversité des livres qui
ont été apportés
-
Le débat
-
Un programme alléchant, pas le temps de
s’ennuyer.
-
Les rencontres
Des propositions
-
Le temps semblait si court, 2h 30 me semble
court.
-
Le temps du débat aussi, 30 à 45mins pour
la prochaine fois.
-
Faire une meilleure promo ou communication autour de
l’évènement, beaucoup d’amoureux de littérature ne sont pas forcément sur
les réseaux sociaux ;
En guise de conclusion:
Au delà d'être persuadé
que la prochaine Edition sera meilleure, je reste plus que jamais optimiste
pour le continent quand je vois cette détermination de certains jeunes de
vouloir faire avancer les choses...Vivement qu'elle nous contamine comme cette
passion du livre afin que nous en soyons même ivre!
Vive l'Ivresse du Livre
pour que dure l'aventure Livresque.




Vive l'Ivresse du Livre pour que dure l'aventure Livresque......Waouuuu j'aurai tellement aimé etre présent, faudrait récidiver constamment des aventures pareilles.
RépondreSupprimerDommage que tu sois dans ce froid lointain. Sinon c'est une fois tous les deux mois à Abidjan!
RépondreSupprimerMerci Big Bro.
L'article donne vraiment envie d'assister au prochain Livresque. Merci.
RépondreSupprimerTu seras la bienvenue...
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