Je suis africain …je préfère
les criminels
Samedi
09 Mars 2013. En ce lendemain de célébration de la Journée Internationale de la
Femme, jamais je n’ai autant eu envie de rentrer dans la peau d’une femme.
Cette envie, je l’ai, non pas parce que je veux être comme ces nombreuses dames
vautrées dans leurs lits entrain de cuver le vin et digérer les plaisirs
mondains ingurgités la veille à l’occasion des festivités dévoyées de l’unique
journée de l’année qui leurs est consacrée. Ce désir, je ne le nourris pas
parce que j’aimerais être à la place de ces héroïnes-photo qui font le tour des
réseaux sociaux dans des positions dignes des plus grands disciples d’Aphrodite
et de Bacchus. Je n’envie pas non plus ces nombreuses femmes honorées la
veille, parce que conquérant des derniers bastions « réservés » aux
hommes mais dont les médias ne parlent pas ce matin et aucune image n’est
partagée sur Facebook et autres.
D’ailleurs,
à bien y penser, pourquoi a-t-on toujours le loisir de faire la publicité de l’infâme
au détriment du meilleur ? Est-ce vraiment pour que les choses
changent ? Bref après toutes ces années ne devrais-je pas déjà avoir
compris que les échecs et la noirceur font beaucoup plus de bruits que les
réussites ? On glose plus sur le négatif que sur ce qui est positif. Du
moins, tel n’est pas le sujet ! On en parlera surement une fois.
En
réalité, ce matin, comme par habitude, je viens d’allumer mon transistor pour
me tenir au courant de ce qui se passe dans le monde et surtout dans mon pays de
résidence. Pour le savoir, quoi de mieux que de capter cette Radio
Internationale dépendante du Ministère des Affaires Etrangères de ce pays qui
se sent « redevable » envers nous et « paye sa dette » en
envoyant ses soldats au Mali ! Elle nous informe sur ce qui se passe à
côté de nous mieux que nos radios et télés pour lesquelles nous payons des
redevances mensuelles. En plus, le son est light, plus light que la somme des sons de toutes nos
chaines locales émettant en bande FM ! C’est la première info qui me donne
l’envie de me projeter dans le corps d’une femme, du moins dans sa tête. Je
veux me retrouver dans la tête de l’ancienne Ministre gambienne des Droits de l’Homme.
Oui, je veux bien savoir ce que pense Fatou, dame Procureur Internationale,
payée à 180.000 euros /an pour désigner et poursuivre les
grands « criminels » de ce monde ! Oui, que pense Bensouda
de l’élection de son duo de « criminels » à la tête du Kenya ?
Elle doit être déboussolée. Elle doit se demander quelle mouche a bien pu
piquer mes frères champions du monde d’horticulture d’élire à leurs têtes des
hommes qu’elle accuse d’avoir perpétré des massacres ethniques au lendemain des
élections de Décembre 2007.
Mais
non, Fatou, rien ne les a piqués. Comme on dit à Abidjan, « c’est le
normal des africains qui est là ! » Nous sommes comme nos cousins les
juifs. Nous préférons Barrabas au
Christ. Et puis, on aime bien défier ce grand vide qu’est la communauté
Internationale. C’est pourquoi Il y’a beaucoup plus de fans de Bachar Al Assad ici
qu’en Syrie. On a aimé Saddam Hussein, chéri
Hugo Chavez comme sans même connaître le nom de la capitale du Venezuela. Je ne
veux même pas parler du « camarade » Laurent, qui depuis qu’il a
franchi la haie de votre justice pénale Internationale, sa côte de popularité a
augmenté en Côte d’Ivoire et en Afrique. Odinga doit y penser et se dire qu’il
vaudrait mieux pour lui d’être un « criminel » maintenant pour enfin gagner
en 2018. De là à contester les résultats des élections, il n’y a qu’un pas
qu’il pourrait franchir.
Ce
qui me surprend le plus, ce sont les commentaires des « experts » de
l’Afrique. Nos amis, habitués des plateaux-télés, qui ne connaissent l’Afrique
que par des visites furtives et des séjours dans des hôtels feutrés de nos
capitales semblent surpris du choix des kenyans. Ils se demandent comment
ils peuvent confier leurs destinées à un duo de « criminels » qui
séjournera plus du côté de la Haye pour répondre aux accusations auxquels ils
font face ? Décidément ces experts ne connaissent pas l’Afrique !
Comment
pouvez-vous en être inquiets ? Nous sommes habitués à cela et ça ne nous pose
pas de problèmes. Nous avons à la tête de nos États de nombreux criminels, mais
ce sont nos criminels et on les aime ainsi. Des assassins économiques, qui
sacrifient les intérêts du pays au détriment des leurs. Champions en corruption et détournements de
fonds toutes catégories confondues. Des bandits de la fortune publique en
costumes et félons de la gouvernance. Des ministres et des fonctionnaires plus
fortunés que les hommes d’affaires créateurs de richesses. Des tueurs à gages
de l’espoir d’avoir un avenir meilleur chez-soi. Des meurtriers d’une jeunesse
pleine de potentialités mais confinée au
chômage ou à la gestion des cabines téléphoniques. Des scélérats de la vérité
pour nous servir des discours démagogues à l’opposé de leurs actes. Des adeptes
de crimes rituels pour se maintenir au pouvoir. Des brigands de la démocratie
qui nous gouvernent par procuration depuis l’occident, leur principal lieu de
résidence. Avec tout ça, vous vous inquiétez pour les kényans ? On leur
donnera le mode d’emploi s’ils ne l’ont pas. Et après tout, ils étaient bien
conscients des enjeux non?
Le
Kenya n’est donc pas le premier pays à avoir des « criminels » à sa
tête. Chacun de nos pays a ses criminels au pouvoir, mais nous les aimons, nous
votons pour eux par ce que nous sommes masos… Et nous assumons, pas comme ces
rebelles au Mali qui appellent la CPI au secours afin qu’elle enquête sur
l’armée légale et légitime du Mali. Malheureusement, c’est aussi ça les
paradoxes de ce monde et ça surprend toujours plus d'un...

ca me surprend aussi Nel!!! mais bon le vin est deja tiré, savourons le!
RépondreSupprimerA ta santé l'ami.
Excellent article Nelson, sujet très bien ramené et il faut le dire , nous Africains, adeptes de la servitude volontaire sommes tous atteints du fameux syndrome de stockholm, Meme si je ne suis pas encore tout a fait avisé des accusations qui pèsent contre Mr Uhuru, je dirai que mathématiquement les chiffres imposent leur loi et ca semble etre le voeu des Kenyans qui sont allés massivement voter. Victoire ethnique et pas démocratique certains le diront, c'est le remake de ce qui se produit constamment sur le vieux continent. les fils Kenyatta et Odinga continuent le challenge de leurs paternels au grand dam de la populace.....Malcom X disait que la meilleure façon d’apprendre à conquérir la liberté consiste à étudier la manière dont Kenyatta l’a apportée aux siens au Kenya, dont Odinga l’a aidé, et l’excellent travail qu’ont fait les combattants de la liberté Mau Mau. La société civile est elle impliquée dans le programme politique africain, la est la question, elle n'y comprend peut etre rien.
RépondreSupprimerC'est DiZ
Toujours aussi profond le Diz! La démocratie c est de l'arithmétique d'abord même si la majorité peut avoir tort. Mais je voulais surtout dire que nous sommes dirigés par des criminels de tout genre!
RépondreSupprimerQuant à la société civile, elle est aussi politisée que les politiques.
A notre santé l'ami Momo...Buvons seulement!
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