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jeudi 28 mars 2013

Embouteillage dans nos vies!

Embouteillage

Ce billet je l’ai prémédité ! J’y pensais depuis dix jours mais il a tardé à arriver parce que les idées dans ma tête étaient bloquées. Il a fallu les mettre en ordre, respecter les codes de la langue française,  mettre des virgules telles des feux orange et des points tels les feux rouges.  Lorsque les feux étaient verts, il faut suivre une certaine logique, non pas celle de l’ordre d’arrivée mais celle qui permette qu’on se comprenne.
Ce billet, je l’assimile à nos matinées ou à nos soirées où déterminés à vaquer à nos occupations, à retourner dans nos maisons ou à honorer des rendez-vous, nous tombons sur des voies embouteillées. A chacun de nous c’est déjà arrivé, au moins une fois surtout à ces heures que l’on qualifie d’ « heures de pointe ». Pas besoins de fouiller dans un Larousse pour savoir ce que signifie le mot « embouteillage », chacun en a au moins une idée, une anecdote qui la définit.  Notre président, en fin d’année dernière, pour justifier le ramadan financier sous lequel nous vivons disait : « L’argent ne circule pas parce que ça travaille ». Moi, je dis à Abidjan, Dakar, Yaoundé, Lomé que tu sois  sur le Pont Charles De Gaulle, l’Avenue Franklin Roosevelt, l’Avenue Kennedy, ou sur l’Avenue Georges Pompidou, (Loin de moi l’idée de susciter un débat sur le nom de nos Avenues)  le constat est le même : Aux heures de pointe, ça ne circule pas, ça râle !
Ici comme chez vous, trois facteurs sont évoqués pour justifier le trafic infernal : le mauvais état des feux tricolores sensés réguler la circulation, les nouveaux chauffeurs qui ne maitrisent pas le code de la route et le mauvais état des routes. Ces raisons sont assurément les bonnes, surtout quand ça vient des spécialistes du trafic routier. Mais si les embouteillages sur nos avenues n’étaient que le reflet de nos sociétés ?
La vie pour nous est une course, on est tous pressés, on veut vite arriver et on est prêts à utiliser tous les moyens pour le faire. Est-ce l’absence de régulateurs, la présence de nouveaux clients qui justifient qu’il n’y ait pas de file d’attente devant les guichets de nos banques ou de nos compagnies d’électricité ou d’eau pour le paiement ? Au lieu d’avoir des files d’attente on a plus souvent des foules de gens. Qu’est ce qui justifiera les embouteillages dans nos gouvernements pléthoriques où le ministre de la défense parle de sports et d’économie pendant que celui de la Jeunesse parle de Fonction Publique alors que les retraités sont encore fonctionnaires ? D’ailleurs il semble qu’il y’ait beaucoup d’embouteillages dans nos Agences de recherche d’emplois même pour ceux dont le classeur de diplômes est embouteillé !
Les codes, il y’en a dans tous les domaines, je dirai même qu'il y’a même un embouteillage codé. Aucun n'arrivant le premier à se faire respecter! Du code civil au code pénal en passant par les codes de l’environnement, les codes d’investissement et même les codes de bonne conduite. Rien de cela n’est respecté, pourquoi va-t-on respecter le code de la route ? La vie chez nous ressemble à cette nuit où j’ai emprunté un taxi qui grilla le feu rouge et s’arrêta au prochain feu alors qu’il était vert !  Voulant comprendre cette attitude, il me donna cette explication « Mon frère, je m’arrête au feu vert par ce que de l’autre côté de la rue, un chauffeur peut griller le feu rouge comme moi ! Je suis prudent ». Oui, j’aime vivre ici parce qu’on justifie tout même les attitudes les plus saugrenues. On se croit toujours au feu vert ! Jamais au Rouge encore moins à l’Orange surtout si c’est un parent ou un "camarade du parti" qui règle les feux ou est chargé du contrôle des respects des feux !
Il parait que ces mêmes codes de chez nous fixent des distances « réglementaires » entre deux pharmacies, deux bars, deux maquis et même deux voitures en circulation. Si la distance devrait être celle qu’on observe très souvent dans nos rues, je pense qu’il n’était pas besoin d’insulter l’intelligence des faiseurs de lois. C'est la distance entre la date d'obtention du diplôme et celui du premier emploi qui prévaut. Une éternité pour certains surtout pour ceux qui n'ont pas de semi-remorque au gouvernement. Aucune loi n’est respectée par nous, on ne fait que râler dans nos voitures comme si la route devait être le seul endroit où tout doit être correct. On crie plus fort surtout si à l'origine de l'embouteillage, c'est le cortège du Président ou d'un membre du gouvernement. Ce sont nos cibles favorites et ça fait du bien de critiquer les dirigeants!
Contre mauvaise fortune, on fait bon cœur ! Pour trouver du retard dans la livraison de mon billet, j’ai trouvé pour justificatif l’embouteillage dans mon cerveau. Chez nous, quand on arrive en retard au travail même après avoir cassé son réveil, on dit « Embouteillages ». Tu as rendez-vous avec une fille, elle arrive sur les lieux du rendez-vous trois heures après (comme d’habitude !), elle te sourit en te disant « Embouteillages » même si le lieu du rendez-vous est à cinq minutes de marche de chez elle. Tu rentres tard à la maison après un rendez-vous chez un énième bureau, la maman n’osera même pas te demander pourquoi tu rentres si tard parce qu’elle sait que t’as tardé au bureau pour éviter les embouteillages…

Je ne saurai terminer sans citer le Ministre Ivoirien de la Jeunesse qui affirmait ce matin sur twitter « Ah la #ci225 qui renaît! Pour une fois, les embouteillages sont un signe de la reprise économique ». A chacun de se faire son opinion.

Une chose est sure, comme ce billet dans les embouteillages on finit toujours par arriver et pour me donner du courage, je me suis répété sans cesse cette phrase  « Ça va aller », et ça y’est ! Si on arrive pas au développement tant prémédité, il finira par venir vers nous!
A bientôt  et bon week-end pascal ! 

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