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vendredi 5 avril 2013

Suis-je homophobe?


Je vous l’avoue, ce billet est le fruit d’une parturition aux forceps. Un véritable accouchement à la césarienne. Les premières contractions ont commencé à 01h du matin mais à peine les premiers mots couchés, Délestron (le délestage) est passé par là. Ne pouvant donner naissance dans le noir, j’ai dû attendre ce matin. Je sais que cet enfant que vous avez sous vos yeux sera récalcitrant et sujet à controverses. C’est d’ailleurs sa vocation : susciter le débat. C’est aussi pour cela qu’il nait sous forme d’interrogation.  Il n’est ni ange, ni démon mais il n’a pas de sexe. Il n’est ni masculin, ni féminin, il est asexué. Ah le sexe, quel sujet tabou chez nous ! Il faut essuyer son clavier 7 fois pour en parler. Certains m’ont conseillé d’avorter, d’autres m’ont encouragé à le mettre au monde.  Au final, j’ai suivi ma conscience parce que je crois à la force des idées et du débat.

          Le sujet de ce billet, je ne l’ai pas désiré mais plusieurs événements m’ont poussé à en parler. Il y’a d’abord cet ami, ce frère, cet autre moi qui, en pleine semaine Sainte m’apprend qu’il est courtisé par son patron. Il a besoin de conseils ! Je le sens mal à l’aise dans sa recherche équilibriste entre estime pour son « mentor » et fiel pour cette « nouvelle (nouvelle ?)tendance ».  Ensuite, il y’a cet autre ami, bloggeur régulier sur une plate-forme de blogs d’une Radio Internationale qui, comme à chacune de ses publications m’envoie le lien de sa publication pour que je la lise. Le titre de sa chronique « Pourquoi rentrer par la sortie ?» me fait sourire et me donne envie de  lire. Ça parle d‘homosexualité avec en toile de fond l’actualité sénégalaise. Je clique sur ledit lien, la page est introuvable. Je pense à un problème de connexion, nenni ! La page n’existe plus. Je l’appelle pour le lui signifier, il me dit que l’hébergeur du blog l’a retiré par ce que l’article a été jugé « homophobe ».
               « Homophobe » ! Combien de fois ai-je entendu cet adjectif ? Il est invoqué dans tout débat ou discussion sur l’homosexualité surtout quand il a lieu en Afrique. Il suffit de signifier votre incompréhension face à la pratique et vous êtes affublés de cet adjectif. Je me souviens encore de cette discussion, avec des personnes inconnues et lointaines comme seules savent nous offrir les réseaux sociaux. C’était à l’époque où le débat sur « le mariage pour tous » battait son plein chez nos « maîtres ». M’évertuant à expliquer en 140 caractères à mes interlocuteurs que je comprenais la réticence  de certains gaulois à ne pas leur accorder ce privilège institutionnel sacré qu’est le mariage, je fus taxé d’homophobe et la discussion tourna court.  Je vous confesse que sur le coup j’ai été choqué mais aujourd’hui je n’ai pas honte de me revendiquer d’être homophobe.
           Tout d’abord par ce que pour moi, ce terme est vide de sens. A l’analyse, il ne sert qu’à orienter le débat dans un seul sens, celui qui vise à être en accord avec cette pratique. Si les défenseurs de cette pratique, pour la légitimer et la légaliser, agitent le drapeau des droits humains pourquoi veulent-ils obstruer la liberté d’expression (si chère aux Droits de l’Homme) des autres avec cet adjectif aussi ambigu que flou. Nous ne sommes plus à l’ère de la pensée unique me semble t-il. Il faut poser le débat sur la table afin d’en discuter sans passions tout en laissant reposer les noms d’oiseaux comme ceux qu’on entend à longueur de journées. « Vos lois sont homophobes, vos cultures sont homophobes, vous êtes homophobes ». Et puis quoi encore ?
          L’agitation permanente de ce qualificatif tend à donner du grain à moudre à ceux qui pensent que c’est une pratique qui veut nous être imposée. D’ailleurs, je me suis toujours demandé pourquoi chez nous, ce sont les occidentaux qui ont le monopole du porte-flambeau de cette cause tant est-il qu’il y’a de plus en plus d’africains qui s’affirment comme adeptes de la pratique. Je pense que c’est à eux de mener le combat sous peine d’être taxé d’homophiles (Adjectif qui jusqu’à lors m’était resté inconnu) par les leurs !
            Par contre, l’homophobie dont nous devons avoir honte, celle qui ne me semble pas juste et dont je ne me revendique pas, c’est celle qui vise  une hostilité systématique à l’égard d’une personne en raison de ses préférences sexuelles pour des individus du même sexe. Cette sorte d’homophobie est bien réelle chez nous mais elle est minoritaire à mon avis. On a tous un collègue, un ami, un cousin lointain, un camarade, un voisin qu’on soupçonne à tort ou à raison d’homosexualité, mais est-ce pour autant qu’on lui jette la première pierre ou qu’on le rejette ? Certains esprits en sont encore à ce niveau mais je pense qu’ils sont dans l’erreur
           D’abord parce que les mêmes arguments qu’ils invoquent pour défendre leur homophobie à savoir la culture, la loi, et la religion peuvent leur être imposés en retour. Je pense que la majorité de nos cultures africaines nous enseignent la tolérance, la loi interdit toute forme de discrimination et les religions exigent le rejet du péché mais pas celui du pécheur.
          Quant à ceux qui répondent « Mon frère, je n’aime pas les pédés parce qu’ils sont pédés et ce n’est pas normal », le chemin est encore long et ce n’est pas en les qualifiant d’homophobes que le chemin se raccourcira.
A bientôt et bon week-end !


5 commentaires:

  1. Intéressant ! Etre homophobe à mon avis, c'est haïr les personnes homosexuelles. On peut décider de ne pas être pour cette pratique pour les raisons qui nous semblent propres sans pour autant être homophobes. Tant que ce n'est pas dirigé vers l'humain, la personne, ce n'est pas l'homophobie. Tu as raison de faire la nuance. Moi, également, je n'ai jamais pu lire cet article et je ne saurais donc pas de quoi il était exactement question :p

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  2. Je suis sincèrement honoré que tu me lises et prennes la peine de commenter Mrs Nathalie. Je suis entièrement d'accord avec toi. Le problème c'est que même le Larousse définit l'homophobie comme le rejet de l'homosexualité. C'est là où c'est ambigu pour moi. Si tu le souhaites je t'envoie le dit article censuré par mail!

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  3. L'homme est sans cesse à la recherche de nouveautés. Et l'élite de la société est en tête de cette quête, une façon d'entretenir cet élitisme avec des idées et pratiques "innovantes".

    Je vis dans une société où un conseiller du premier ministre s'est demandé pourquoi on devrait sanctionner les consommateurs de pédopornographie.

    Dans tous les cas, je suis convaincu qu'il est compliqué de légiférer sur ce que font des individus, supposés consentants, sous la couette. Entrer par la sortie n'est pas le monopole des couples homos...

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  4. ce qui me dérange le plus avec cette histoire d'homosexualité c'est le fait qu'on veuille nous l'imposer et nous faire croire que c'est ce qui est bon. aujourd'hui, tous les médias nous gavent avec,dans pratiquement tous les films, documentaires ou séries télé faut qu'on y voie des homosexuels. franchement pour nous j'estime que voir 2 hommes s'embrasser ou 2 femmes se caresser c'est encore choquant. alors qu'on nous laisse le droit d'affirmer qu'on ne l'accepte pas!

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  5. J'ai lu avec intérêt ton article et j'avoue que j'ai été impressionné non seulement par le sujet que tu abordes mais aussi par le style rédactionnelle que tu empruntes.
    Pour revenir au thème abordé ici, je dirai que l'homosexualité a toujours existé dans nos moeurs depuis le temps des rois, c'est ce qui a conduit la réligion chrétienne à faire d'importantes réformes à travers la bible; tout cela pour dire que cette pratique n'est pas nouvelle, seulement que jusqu'ici elle n'était pas acceptée.
    En revanche, la question qui suscite le débat est doit - on légaliser une telle pratique?
    La question reste posée et occasione de nombreux débats dans l'Hexagone; une chose est certaine, si cette loi passe dans les pays du nord et en France plus précisement,j'ai bien peur qu' elle ne nous soit imposée.
    Aujourd'hui nos Etats en majorité moins avancés et en quête de financement sont prêts à réformer leur loi nationale pour bénéficier de prêts importants.
    Nous sommes loin d'être sortis de l'auberge !

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