Pages

jeudi 7 mars 2013

Journée Internationale de la Femme…Messieurs, à vous de jouer !


Journée Internationale de la Femme…Messieurs, à vous de jouer !


Dans quelques heures,  nos mamans, épouses, sœurs, filles et amies seront à l’ « honneur » à l’occasion de la 36eme  Journée Internationale de la Femme. D’entrée, je vous le dis tout net, je ne suis pas un adepte de cette journée. Non pas par misogynie ou par machisme, ne vous inquiétez pas, je ne le suis pas ! Non plus parce que telle que célébrée sur le continent, les plus grands bénéficiaires sont les industries brassicoles, les restaurateurs et les fabricants de textiles.
C’est vrai que j’ai horreur de voir ces femmes alignées devant des magasins ou se disputant avec leurs maris et amants pour un morceau d’étoffe confectionnée pour la circonstance. Ce n’est quand même pas un bout de la précieuse tunique de Jésus pour qu’on y accorde tant d’importance. J’ai d’autant plus de motifs de fulminer que cette tendance à profiter de cette journée pour enrichir les confectionneurs de cotonnade se généralise. Le Cameroun, pionnier en enrichissement d’une entreprise fabricant de pagne à qui il accorde le monopole, a réussi à exporter cette « affaire du pagne du 08 Mars » vers la Côte d’Ivoire et le Bénin
NON ; ce ne sont pas ces nombreux séminaires budgétivores organisés à l’occasion, qui font que j’abhorre cette journée. L’Afrique est riche et pleine aux As, il faut bien dépenser dans des séminaires pour que l’économie tourne. Il faut permettre aux experts de s’exprimer et aux amis des organisateurs de réfléchir. D’ailleurs, que « mangeront » les consultants si on n’organise plus de telles rencontres où à la sortie, on se souvient plus des per-diem que des réflexions qui y ont été faites ?
Vous vous demandez certainement ce qui justifie mon fiel pour cette journée « dédiée » aux femmes. Rassurez-vous, ce n’est pas par ce que les femmes s’alcoolisent, s'enfument, s’exhibent et font de la rue et des caniveaux leurs dortoirs ce jour.  Je le leurs concède. C’est peut-être une façon à elles de ressortir le mal mâle qui est en elles. Et puis, qui sommes-nous pour juger ? Après tout, boire, manger, se saouler, dormir dans la rue avec son mari ou un collègue de gueule de bois d’un soir, ça relève bien de leur vie privée non ?
De toute façon, cela reste des « mythes » pour moi parce qu’une femme qui se respecte ne se reconnaitra  pas dans ces clichés.


« Le privé est politique » disait Marie Louise ETEKI. Le changement aussi !




La Journée Internationale de la Femme a été instituée en 1977 par l’ONU dans l’optique de faire le point sur les luttes et réalisations dans la bataille contre les inégalités entre Hommes et la Femmes. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme proclame que les hommes naissent libres et égaux sans distinction de sexe. En tant que fervent militant des droits de l’Homme, je suis pour l’égalité entre la femme et l’homme. Je milite pour que cette parité tant proclamée soit une réalité. Cette égalité pour moi signifie que l’homme et la femme jouissent des mêmes droits, qu’ils soient traités indifféremment et qu’ils aient des chances égales de parvenir au bonheur. Nul ne niera ici les multiples disparités qui existent aujourd’hui entre les hommes et les femmes.
Je ne parlerai pas du milieu du travail où à compétences égales et postes égaux, le salaire de l’homme est supérieur à celui de la femme de plus de 20%. Je n’évoquerai pas non plus le milieu politique où les femmes sont moins représentées alors qu’elles ont les compétences et que des études sérieuses même démontrent qu’elles sont meilleures gestionnaires que les hommes. Je ne m’attarderai pas sur ces femmes qui ne peuvent avoir plusieurs hommes dans leurs vies sous peine d’être taxées de « bitch » alors que les « donjuan » sont célébrés. Je n’aborderai même pas les difficultés de la jeune fille à avoir accès à l’éducation,  les agressions sexuelles, qui à 50%, sont commises chaque année sur des filles de moins de seize (16) ans. Je ne me prononcerai pas sur ces 603 millions de femmes qui vivent dans des pays où la violence domestique n’est pas un crime. Je ne m’appesantirai pas non plus sur ces 7% des femmes dans le monde qui ont subi au moins une fois dans leurs vies des violences physiques ou sexuelles.
Oui, je n’en parle pas ! Pas par ce que ce n’est pas grave mais parce que toutes ces inégalités prennent leurs sources chez vous. Oui, chez vous, chez nous !  Ca vient de nos maisons, de nos ménages, de nos foyers. De cette sphère que nous considérons comme notre vie privée. Oui ça vient de là et c’est l’espace où il faut prendre des mesures et des reformes pour que ça change. Pas dans des séminaires, des ateliers, les rues ou dans les discours.
Oui, nos maisons sont des lits féconds de la suprématie masculine moderne. La division sexuelle du travail ménager est la source principale de ces inégalités qui heurtent nos consciences. Combien sommes-nous, hommes, à aider nos femmes dans des taches domestiques ? Combien de fois ai-je vu des hommes et même des femmes, indignés par ce que leur camarade garçon faisait la cuisine, la lessive ou la vaisselle pendant que Madame se repose ou fait autre chose ? Oui 90% des femmes en Afrique assurent à elles seules le travail domestique, y compris lorsqu’elles ont une activité professionnelle et même lorsque leurs conjoints sont chômeurs ou retraités.  Avons-nous conscience qu’ainsi, la femme, ce « sexe faible » accomplit trois journées de travail en une ? Au lieu de service, à la maison et dans la chambre.
Que dire de la maternité, cette grâce divine, qui vient renforcer ces inégalités ? Pendant que nos mamans consacrent deux fois plus de temps aux enfants, la plupart des papas se consacrent à des activités recréatrices  comme regarder la télévision ou des causeries entre amis.
Si nous voulons que les choses changent, c’est chez nous qu’il faut agir, dans nos maisons. Des discours ou des textes de loi consacrant la femme comme chef de famille tels que récemment adoptés en Côte d’Ivoire ne seront que des coups d’épée dans l’eau si les hommes n’acceptent pas souvent de troquer leurs pantalons contre des jupes à la maison. Chers Messieurs, si vous vous impliquez davantage dans les taches ménagères, vous considéreriez mieux vos femmes, vous contribueriez assurément à réduire les inégalités sexuelles, vous apprendriez à vos enfants, surtout au petit garçon le sens du respect de la gent féminine. Et ces petits gestes, comme balayer la maison, faire la cuisine ou le marché, pouponner vos enfants, laver et repasser le linge porteront de nombreux fruits à l’humaninité et feront un bien fou à la stabilité de votre couple.
Messieurs si comme moi, vous voulez qu’on mette fin à toute cette mascarade qui accompagne le 08 Mars ici en Afrique vous avez la solution. Soyez « galants » ! Mais comme je vous sais assez machos, je pense que j’irai dès Juillet 2013 m’installer en Norvège où les hommes seront tenus de prendre quatorze (14) semaines de congés tout en percevant l’intégralité de leur salaire, pour s’occuper de leur nouveau-né pendant que leur femme retourne au travail après l’accouchement. Combien d’hommes chez nous seraient prêts à un tel sacrifice alors que là bas la majorité des futurs papas attendent Juillet de pieds fermes ? Pour moi, c’est une manière incitative d’impliquer les hommes dans les taches ménagères et parentales sans interférer dans nos vies privées qui relèvent de nos libertés individuelles et de réduire ainsi les inégalités sexuelles.
Messieurs, Jean Ferrat disait, « La femme est l’avenir de l’homme » ! Moi je vous dis, vous avez l’avenir de la femme et la marque la plus sure de la civilisation moderne. Agissons à notre niveau.
Enfin, ça vous intéresse toujours de savoir pourquoi, je ne suis pas partisan de la JIF ? Je vais vous le dire ! C’est tout simplement parce que ce n’est pas un jour férié, chômé et payé. Après tout, les femmes, elles méritent bien qu’on les célèbre en férié non ? Mais c’est pas pour elle inh ! Suis africain après tout et  j’aime les fériés. Mais bon, si toutes les journées Internationales étaient fériées, quand allions-nous travailler ? Imaginez vous aussi que la Journée Internationale des zones humides (Et oui ça existe !) soit un jour férié ! C’est bizarre mais en même temps, elle n’aurait pas été aussi inutile et oubliée comme tant d’autres Journées Internationales de rien du tout…
En tout cas, A bientôt les amis et bonne fête Mesdames…On vous aime !
SIKANEL

2 commentaires:

  1. La famille est la cellule de base de notre société ! Tout commence à la maison et tant que nous l'aurons pas compris on continuera à tourner en rond dans notre monde pourri

    RépondreSupprimer