De l’eau, du feu et la guerre….
« C’est difficile
de choisir le thème à aborder pour le premier billet de son blog »
m’avertissait ainsi un bloggeur plus expérimenté. Les nombreuses
tergiversations qui ont accompagné l’écriture de ce papier ne démentiront pas
cet ainé. Cela a été d’autant plus difficile pour moi dans la mesure où les
évènements vécus depuis nos chaleureuses salutations de la semaine dernière
m’offraient de quoi faire couler beaucoup d’encre.
Tout d’abord, j’ai voulu partager avec vous ma rage contre mes robinets qui ont eu soif toute la journée du dimanche. Mais je me suis souvenu de mes amis et frères de certains quartiers du +237 et du +225 qui ne se rappellent même plus de l’usage d’un robinet tant la dernière fois qu’une goutte d’eau y a jailli, l’année était encore paire et s’achevait avec un zéro. Contrairement à eux, je mesurais la chance que j’avais de pouvoir répéter cette vieille assertion selon laquelle « l’eau c’est la vie ». D’ailleurs, suis pas sur que cette affirmation soit aussi vraie que vieille. En tout cas, cette prise de conscience m’a fait me tourner vers Dieu pour le remercier pour cette veine que j’avais de ne pas avoir les sceaux trop souvent déshydratés.
De l’eau, même très
sale, il en fallait pour mettre fin à la pyromanie qui s’est emparée de
quelques édifices commerciaux, administratifs et religieux ce weekend. Le
Cameroun en a été le porte-flambeau ! En l’espace de 48heures, ce sont
deux importants commerces avec une soixantaine d’emplois qui y ont été détruits. Si ces deux entreprises étaient
situées du côté de l’Avenue Kennedy à
Yaoundé, peut être que les sapeurs pompiers n’auraient pas eu du mal à éteindre
le feu tant l’une des plus grandes avenues du Cameroun était devenue une lagune
avec la pluie. Hier matin, 05 Mars, à Abidjan, c’est un immeuble abritant des
services administratifs de l’Etat qui laissait dégager de la fumée. Je pensais
m’être subitement téléporté à Rome avec quelques jours d’avance. Mais on est à Abidjan, l’élection
du pape ne se fait pas ici et la fumée qui s’échappe de cet immeuble est
noirâtre. Il a fallu près de six heures aux pompiers pour y mettre fin.
J’ai pas eu le temps de
me réjouir de l’absence de morts dans ces différents feux. C’était sans compter
sur le Sénégal. En effet, en début d’après-midi, j’apprenais par les réseaux
sociaux que neuf (9) talibés, tous des mineurs, venaient d’être consumés dans
l’incendie d’une Médina (Ecole coranique) à Dakar. Et comme un malheur n’arrive
jamais seul, en fin de soirée, on m’informe
du décès d’un compatriote à Dakar. Depuis près de cinq jours, on était sans
nouvelles de lui. Je n’ose même pas partager avec vous le sentiment que l’on
peut avoir lorsque vous perdez un de vos congénères plein de vie dans de façon
aussi inattendue. Vous vous imaginez certainement !
Je ne vais pas vous
cacher, j’ai eu envie de vous partager ma réflexion sur ce fait incontournable
qu’est la mort, mais mon « cœur » m’a convaincu qu’un post un brin
tristounet ne serait pas de bonne augure pour mes premiers pas.
Qui
veut la paix prépare la guerre
De quoi allais-je donc
parler ? Comme par providence, en écoutant les informations ce matin, j’ai
pris note de la bataille médiatique à laquelle se livrent les armées tchadienne
et malienne sur la mort présumée de deux leaders de la méprisante nébuleuse
terroriste qu’est AQMI. Mais diantre,
qui dira à ces militaires que le malien s’en fout de qui de l’armée française
ou tchadienne a tué qui ou quoi! L’essentiel, c’est la sécurisation du territoire et le débarrasser de ces fous qui
n’ont rien compris au message d’Allah. Cette autre guerre franco-tchadienne sur
le champ médiatique avec pour armes des mots et des photos a eu le mérite de me
rappeler que la guerre au Mali existe encore. On en avait presque oublié. Aussi,
elle a suscité en moi quelques questions.
Au fait, pourquoi
n’entend t- on parler que de la France et du Tchad sur le théâtre des opérations au Mali ? Où sont passés
les contingents de la CEDEAO annoncés à grand renfort de publicité pour venir
au secours des populations maliennes. Où sont passés les soldats nigériens
champions en coup d’Etat sur le continent ? S’ils sont sur le front,
pourquoi ne sont-ils pas aussi actifs que leurs amis tchadiens ? Que font
les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire, si habiles à tendre des pièges aux
usagers de la route pour racketter quelques pièces de monnaie? Où sont les
soldats togolais si adeptes dans la répression des manifestations pacifiques ?
Est-ce la peine même d’évoquer les militaires burkinabés qui ont défrayé la
chronique en 2010 en dépouillant leurs compatriotes commerçants de leurs
biens ? Que dire de l’armée guinéenne qui a pu maintenir un général dormant
pendant plus de 25 ans avant d’inaugurer les coups d’Etat militaires les plus
stupides en fin 2008 ? Non, comme ses collègues africaines, elle réprime
ses fils à Conakry ! Comme on dit à Abidjan, les garçons, les vrais sont
au Mali. Pas les étudiants et badauds, victimes préférées de nos hommes en
tenues. La sécurisation de l’Afrique de l’Ouest et même de l’Afrique se joue la
bas, en terre malienne.
Le pays qui semble
avoir le mieux saisi cet enjeu est le Tchad. Il sait que l’ennemi n’est pas
loin. Alors, ils s’y entraînent s’aguerrissent, apprennent des techniques de
combat complexe pour faire face à un ennemi sérieux. Tout cela au péril de
leurs vies. En trois semaines, ils ont déjà perdu treize (13) éléments dont un
officier supérieur. Pendant ce temps, la CEDEAO organise encore des réunions où
à la fin on apprend qu’il faut des milliards de CFA pour aider le Mali. Et si
ces chefs d’Etat commençaient par mettre l’argent qui sert à organiser les
réunions dans une Caisse destinée au Mali, ce serait plus efficace. On passera
ainsi des paroles aux actes comme le réclame Idriss Déby du Tchad.
Une chose est sure,
avec cet engagement, le Tchad s’impose comme l’une des futures grandes armées
de l’Afrique. En plus de cela, il marque sans doute des points pour son
admission à la CEDEAO dont il est membre observateur depuis 2012. Il renforce
aussi sa sécurité en faisant peur aux éventuels ennemis de la zone comme Boko
Haram. Au fond, si ce dernier était bouté hors du Nigéria, vers quel voisin se
tournerait-il ? Le +237 a des soucis ! En tout cas, Qui veut la paix
prépare la guerre….
Rendez-vous dans deux jours pour parler de nos sœurs, épouses et mères à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme. Il parait que le thème de cette année commence par « Une promesse est une promesse il est temps de passer à l’action… »
D’ici la, mon vœux est
que cette phrase résonne efficacement à la CEDEAO et qu’on se retrouve ici jeudi
pour que je tienne ma promesse.
SIKANEL



Attends ! SIKANEL tu veux que les ivoiriens partent faire quoi au Mali ?? On n'a pas fini de regler pour nous c'est pour les autres on va regler ?
RépondreSupprimerPuis nos chefs d'état, si chacun d'eux prenait 1% de son compte en banque c'est sur qu'on atteindra les milliards pour le Mali :D