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mardi 5 mars 2013

De l'eau, du feu et la guerre




De l’eau,  du feu et la guerre….

« C’est difficile de choisir le thème à aborder pour le premier billet de son blog » m’avertissait ainsi un bloggeur plus expérimenté. Les nombreuses tergiversations qui ont accompagné l’écriture de ce papier ne démentiront pas cet ainé. Cela a été d’autant plus difficile pour moi dans la mesure où les évènements vécus depuis nos chaleureuses salutations de la semaine dernière m’offraient de quoi faire couler beaucoup d’encre.
        
      Tout d’abord, j’ai voulu partager avec vous ma rage contre mes robinets qui ont eu soif toute la journée du dimanche. Mais je me suis souvenu de mes amis et frères de certains quartiers du +237 et du +225 qui ne se rappellent même plus de l’usage d’un robinet tant la dernière fois qu’une goutte d’eau y a jailli, l’année était encore paire et s’achevait avec un zéro.  Contrairement à eux, je mesurais la chance que j’avais de pouvoir répéter cette vieille assertion selon laquelle « l’eau c’est la vie ». D’ailleurs, suis pas sur que cette affirmation soit aussi vraie que vieille. En tout cas, cette prise de conscience m’a fait me tourner vers Dieu pour le remercier pour cette veine que j’avais de ne pas  avoir les sceaux trop souvent déshydratés.
     De l’eau, même très sale, il en fallait pour mettre fin à la pyromanie qui s’est emparée de quelques édifices commerciaux, administratifs et religieux ce weekend. Le Cameroun en a été le porte-flambeau ! En l’espace de 48heures, ce sont deux importants commerces avec une soixantaine d’emplois qui y ont été  détruits. Si ces deux entreprises étaient situées du côté de  l’Avenue Kennedy à Yaoundé, peut être que les sapeurs pompiers n’auraient pas eu du mal à éteindre le feu tant l’une des plus grandes avenues du Cameroun était devenue une lagune avec la pluie. Hier matin, 05 Mars, à Abidjan, c’est un immeuble abritant des services administratifs de l’Etat qui laissait dégager de la fumée. Je pensais m’être subitement téléporté à Rome avec quelques  jours d’avance. Mais on est à Abidjan, l’élection du pape ne se fait pas ici et la fumée qui s’échappe de cet immeuble est noirâtre. Il a fallu près de six heures aux pompiers pour y mettre fin.

         J’ai pas eu le temps de me réjouir de l’absence de morts dans ces différents feux. C’était sans compter sur le Sénégal. En effet, en début d’après-midi, j’apprenais par les réseaux sociaux que neuf (9) talibés, tous des mineurs, venaient d’être consumés dans l’incendie d’une Médina (Ecole coranique) à Dakar. Et comme un malheur n’arrive jamais seul,  en fin de soirée, on m’informe du décès d’un compatriote à Dakar. Depuis près de cinq jours, on était sans nouvelles de lui. Je n’ose même pas partager avec vous le sentiment que l’on peut avoir lorsque vous perdez un de vos congénères plein de vie dans de façon aussi inattendue. Vous vous imaginez certainement !
    Je ne vais pas vous cacher, j’ai eu envie de vous partager ma réflexion sur ce fait incontournable qu’est la mort, mais mon « cœur » m’a convaincu qu’un post un brin tristounet ne serait pas de bonne augure pour mes premiers pas.


Qui veut la paix prépare la guerre
De quoi allais-je donc parler ? Comme par providence, en écoutant les informations ce matin, j’ai pris note de la bataille médiatique à laquelle se livrent les armées tchadienne et malienne sur la mort présumée de deux leaders de la méprisante nébuleuse terroriste qu’est AQMI.  Mais diantre, qui dira à ces militaires que le malien s’en fout de qui de l’armée française ou tchadienne a tué qui ou quoi! L’essentiel, c’est la sécurisation du  territoire et le débarrasser de ces fous qui n’ont rien compris au message d’Allah. Cette autre guerre franco-tchadienne sur le champ médiatique avec pour armes des mots et des photos a eu le mérite de me rappeler que la guerre au Mali existe encore. On en avait presque oublié. Aussi, elle a suscité en moi quelques questions.

           Au fait, pourquoi n’entend t- on parler que de la France et du Tchad sur le théâtre  des opérations au Mali ? Où sont passés les contingents de la CEDEAO annoncés à grand renfort de publicité pour venir au secours des populations maliennes. Où sont passés les soldats nigériens champions en coup d’Etat sur le continent ? S’ils sont sur le front, pourquoi ne sont-ils pas aussi actifs que leurs amis tchadiens ? Que font les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire, si habiles à tendre des pièges aux usagers de la route pour racketter quelques pièces de monnaie? Où sont les soldats togolais si adeptes dans la répression des manifestations pacifiques ? Est-ce la peine même d’évoquer les militaires burkinabés qui ont défrayé la chronique en 2010 en dépouillant leurs compatriotes commerçants de leurs biens ? Que dire de l’armée guinéenne qui a pu maintenir un général dormant pendant plus de 25 ans avant d’inaugurer les coups d’Etat militaires les plus stupides en fin 2008 ? Non, comme ses collègues africaines, elle réprime ses fils à Conakry ! Comme on dit à Abidjan, les garçons, les vrais sont au Mali. Pas les étudiants et badauds, victimes préférées de nos hommes en tenues. La sécurisation de l’Afrique de l’Ouest et même de l’Afrique se joue la bas, en terre malienne.
        Le pays qui semble avoir le mieux saisi cet enjeu est le Tchad. Il sait que l’ennemi n’est pas loin. Alors, ils s’y entraînent  s’aguerrissent, apprennent des techniques de combat complexe pour faire face à un ennemi sérieux. Tout cela au péril de leurs vies. En trois semaines, ils ont déjà perdu treize (13) éléments dont un officier supérieur. Pendant ce temps, la CEDEAO organise encore des réunions où à la fin on apprend qu’il faut des milliards de CFA pour aider le Mali. Et si ces chefs d’Etat commençaient par mettre l’argent qui sert à organiser les réunions dans une Caisse destinée au Mali, ce serait plus efficace. On passera ainsi des paroles aux actes comme le réclame Idriss Déby du Tchad.
     Une chose est sure, avec cet engagement, le Tchad s’impose comme l’une des futures grandes armées de l’Afrique. En plus de cela, il marque sans doute des points pour son admission à la CEDEAO dont il est membre observateur depuis 2012. Il renforce aussi sa sécurité en faisant peur aux éventuels ennemis de la zone comme Boko Haram. Au fond, si ce dernier était bouté hors du Nigéria, vers quel voisin se tournerait-il ? Le +237 a des soucis !        En tout cas, Qui veut la paix prépare la guerre….

        Rendez-vous dans deux jours pour parler de nos sœurs, épouses et mères à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme. Il parait que le thème de cette année commence par « Une promesse est une promesse il est temps de passer à l’action… »
D’ici la, mon vœux est que cette phrase résonne efficacement à la CEDEAO et qu’on se retrouve ici jeudi pour que je tienne ma promesse.
SIKANEL

1 commentaire:

  1. Attends ! SIKANEL tu veux que les ivoiriens partent faire quoi au Mali ?? On n'a pas fini de regler pour nous c'est pour les autres on va regler ?
    Puis nos chefs d'état, si chacun d'eux prenait 1% de son compte en banque c'est sur qu'on atteindra les milliards pour le Mali :D

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