Journée
Internationale de la Femme…Messieurs, à vous de jouer !
Dans quelques heures, nos mamans, épouses, sœurs, filles et amies seront à l’ « honneur » à l’occasion de la 36eme Journée Internationale de la Femme. D’entrée, je vous le dis tout net, je ne suis pas un adepte de cette journée. Non pas par misogynie ou par machisme, ne vous inquiétez pas, je ne le suis pas ! Non plus parce que telle que célébrée sur le continent, les plus grands bénéficiaires sont les industries brassicoles, les restaurateurs et les fabricants de textiles.
C’est
vrai que j’ai horreur de voir ces femmes alignées devant des magasins ou se
disputant avec leurs maris et amants pour un morceau d’étoffe confectionnée
pour la circonstance. Ce n’est quand même pas un bout de la précieuse tunique
de Jésus pour qu’on y accorde tant d’importance. J’ai d’autant plus de motifs de
fulminer que cette tendance à profiter de cette journée pour enrichir les
confectionneurs de cotonnade se généralise. Le Cameroun, pionnier en
enrichissement d’une entreprise fabricant de pagne à qui il accorde le monopole,
a réussi à exporter cette « affaire
du pagne du 08 Mars » vers la Côte d’Ivoire et le Bénin.
NON ;
ce ne sont pas ces nombreux séminaires budgétivores organisés à
l’occasion, qui font que j’abhorre cette journée. L’Afrique est riche et pleine
aux As, il faut bien dépenser dans des séminaires pour que l’économie tourne.
Il faut permettre aux experts de s’exprimer et aux amis des organisateurs de
réfléchir. D’ailleurs, que « mangeront » les consultants si on
n’organise plus de telles rencontres où à la sortie, on se souvient plus des
per-diem que des réflexions qui y ont été faites ?
Vous
vous demandez certainement ce qui justifie mon fiel pour cette journée
« dédiée » aux femmes. Rassurez-vous, ce n’est pas par ce que les
femmes s’alcoolisent, s'enfument, s’exhibent et font de la rue et des caniveaux
leurs dortoirs ce jour. Je le leurs
concède. C’est peut-être une façon à elles de ressortir le mal mâle qui
est en elles. Et puis, qui sommes-nous pour juger ? Après tout, boire,
manger, se saouler, dormir dans la rue avec son mari ou un collègue de gueule
de bois d’un soir, ça relève bien de leur vie privée non ?
De
toute façon, cela reste des « mythes » pour moi parce qu’une femme
qui se respecte ne se reconnaitra pas
dans ces clichés.
La
Journée Internationale de la Femme a été instituée en 1977 par l’ONU dans
l’optique de faire le point sur les luttes et réalisations dans la bataille
contre les inégalités entre Hommes et la Femmes. La Déclaration Universelle des
Droits de l’Homme proclame que les hommes naissent libres et égaux sans
distinction de sexe. En tant que fervent militant des droits de l’Homme, je
suis pour l’égalité entre la femme et l’homme. Je milite pour que cette parité
tant proclamée soit une réalité. Cette égalité pour moi signifie que l’homme et
la femme jouissent des mêmes droits, qu’ils soient traités indifféremment et
qu’ils aient des chances égales de parvenir au bonheur. Nul ne niera ici les multiples
disparités qui existent aujourd’hui entre les hommes et les femmes.
Je
ne parlerai pas du milieu du travail où à compétences égales et postes égaux,
le salaire de l’homme est supérieur à celui de la femme de plus de 20%. Je
n’évoquerai pas non plus le milieu politique où les femmes sont moins
représentées alors qu’elles ont les compétences et que des études sérieuses même
démontrent qu’elles sont meilleures gestionnaires que les hommes. Je ne m’attarderai
pas sur ces femmes qui ne peuvent avoir plusieurs hommes dans leurs vies sous
peine d’être taxées de « bitch » alors que les « donjuan »
sont célébrés. Je n’aborderai même pas les difficultés de la jeune fille à
avoir accès à l’éducation, les agressions
sexuelles, qui à 50%, sont commises chaque année sur des filles de moins de
seize (16) ans. Je ne me prononcerai pas sur ces 603 millions de femmes qui
vivent dans des pays où la violence domestique n’est pas un crime. Je ne
m’appesantirai pas non plus sur ces 7% des femmes dans le monde qui ont subi au
moins une fois dans leurs vies des violences physiques ou sexuelles.
Oui,
je n’en parle pas ! Pas par ce que ce n’est pas grave mais parce que
toutes ces inégalités prennent leurs sources chez vous. Oui, chez vous, chez
nous ! Ca vient de nos maisons, de nos
ménages, de nos foyers. De cette sphère que nous considérons comme notre vie
privée. Oui ça vient de là et c’est l’espace où il faut prendre des mesures et
des reformes pour que ça change. Pas dans des séminaires, des ateliers, les
rues ou dans les discours.
Oui,
nos maisons sont des lits féconds de la suprématie masculine moderne. La
division sexuelle du travail ménager est la source principale de ces inégalités
qui heurtent nos consciences. Combien sommes-nous, hommes, à aider nos femmes
dans des taches domestiques ? Combien de fois ai-je vu des hommes et même
des femmes, indignés par ce que leur camarade garçon faisait la cuisine, la
lessive ou la vaisselle pendant que Madame se repose ou fait autre chose ?
Oui 90% des femmes en Afrique assurent à elles seules le travail domestique, y
compris lorsqu’elles ont une activité professionnelle et même lorsque leurs
conjoints sont chômeurs ou retraités.
Avons-nous conscience qu’ainsi, la femme, ce « sexe faible » accomplit
trois journées de travail en une ? Au lieu de service, à la maison et dans
la chambre.
Que
dire de la maternité, cette grâce divine, qui vient renforcer ces
inégalités ? Pendant que nos mamans consacrent deux fois plus de temps aux
enfants, la plupart des papas se consacrent à des activités recréatrices comme regarder la télévision ou des causeries entre amis.
Si
nous voulons que les choses changent, c’est chez nous qu’il faut agir, dans nos
maisons. Des discours ou des textes de loi consacrant la femme comme chef de famille
tels que récemment adoptés en Côte d’Ivoire ne seront que des coups d’épée dans
l’eau si les hommes n’acceptent pas souvent de troquer leurs pantalons contre
des jupes à la maison. Chers Messieurs, si vous vous impliquez davantage dans
les taches ménagères, vous considéreriez mieux vos femmes, vous contribueriez assurément
à réduire les inégalités sexuelles, vous apprendriez à vos enfants, surtout au
petit garçon le sens du respect de la gent féminine. Et ces petits gestes,
comme balayer la maison, faire la cuisine ou le marché, pouponner vos enfants,
laver et repasser le linge porteront de nombreux fruits à l’humaninité et
feront un bien fou à la stabilité de votre couple.
Messieurs si
comme moi, vous voulez qu’on mette fin à toute cette mascarade qui accompagne
le 08 Mars ici en Afrique vous avez la solution. Soyez « galants » !
Mais comme je vous sais assez machos, je pense que j’irai dès Juillet 2013
m’installer en Norvège où les hommes seront tenus de prendre quatorze (14)
semaines de congés tout en percevant l’intégralité de leur salaire, pour
s’occuper de leur nouveau-né pendant que leur femme retourne au travail après
l’accouchement. Combien d’hommes chez nous seraient prêts à un tel sacrifice
alors que là bas la majorité des futurs papas attendent Juillet de pieds
fermes ? Pour moi, c’est une manière incitative d’impliquer les hommes
dans les taches ménagères et parentales sans interférer dans nos vies privées
qui relèvent de nos libertés individuelles et de réduire ainsi les inégalités
sexuelles.
Messieurs,
Jean Ferrat disait, « La femme est l’avenir de l’homme » ! Moi
je vous dis, vous avez l’avenir de la femme et la marque la plus sure de la
civilisation moderne. Agissons à notre niveau.
Enfin,
ça vous intéresse toujours de savoir pourquoi, je ne suis pas partisan de la
JIF ? Je vais vous le dire ! C’est tout simplement parce que ce n’est
pas un jour férié, chômé et payé. Après tout, les femmes, elles méritent bien
qu’on les célèbre en férié non ? Mais c’est pas pour elle inh ! Suis
africain après tout et j’aime les fériés.
Mais bon, si toutes les journées Internationales étaient fériées, quand
allions-nous travailler ? Imaginez vous aussi que la Journée
Internationale des zones humides (Et oui ça existe !) soit un jour
férié ! C’est bizarre mais en même temps, elle n’aurait pas été aussi
inutile et oubliée comme tant d’autres Journées Internationales de rien du
tout…
En
tout cas, A bientôt les amis et bonne fête Mesdames…On vous aime !
SIKANEL


La famille est la cellule de base de notre société ! Tout commence à la maison et tant que nous l'aurons pas compris on continuera à tourner en rond dans notre monde pourri
RépondreSupprimerSuis d'avis avec toi D.D
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